Depuis son lancement en 2018, le moteur 1.7 Blue dCi 150 chevaux s’est rapidement imposé comme un choix de motorisation intermédiaire sur plusieurs modèles du groupe Renault-Nissan. Pourtant, cette motorisation suscite des avis partagés en raison de problèmes techniques récurrents, notamment liés au système de dépollution AdBlue et à d’autres éléments essentiels comme les injecteurs et le turbocompresseur. Destiné à respecter les normes Euro 6d-TEMP, ce moteur allie performance et consommation optimisée, mais il nécessite un entretien rigoureux pour préserver sa durabilité et éviter des pannes fréquentes coûteuses. Il est donc crucial pour les acheteurs et utilisateurs de bien comprendre les points faibles et les conseils d’entretien afin d’assurer une longévité satisfaisante.
En dépit de son architecture héritée du 1.6 dCi, ce bloc de 1.7 litres a introduit une complexité accrue, notamment avec l’intégration d’un système SCR pour réduire les émissions polluantes, accompagné de la problématique de la cristallisation de l’AdBlue. Le scandale des 273 000 véhicules concernés par des défaillances majeures liées à ce système, et principalement à la pompe d’urée, marque un tournant dans l’histoire de ce moteur. La durée de vie et la fiabilité du 1.7 dCi 150 reposent donc aujourd’hui sur la gestion attentive de ces faiblesses techniques, une sélection judicieuse à l’achat et un entretien soigné pour garantir un usage durable.
Fiabilité générale du moteur 1.7 Blue dCi 150 : contexte et historique des pannes courantes
Le moteur 1.7 Blue dCi est apparu en septembre 2018 dans le but de supplanter le 1.6 dCi, offrant un agrément supérieur grâce à un couple amélioré et une consommation légèrement revue à la baisse. Ce nouveau moteur de 1747 cm³ a été conçu avec un système SCR complexe, utilisant l’AdBlue pour traiter les émissions, une technologie qui a marqué un tournant en matière de dépollution mais a aussi apporté une série de défis techniques.
Les premiers modèles produits entre septembre 2018 et septembre 2021 souffrent d’un défaut majeur : un joint défectueux dans le module de la pompe AdBlue, responsable de nombreuses pannes. Ce dysfonctionnement a affecté plus de 273 000 véhicules, obligeant Renault à mettre en place une campagne corrective avec la fourniture d’un joint renforcé qui a amélioré la fiabilité pour les versions postérieures. Néanmoins, la cristallisation de l’AdBlue, liée aux conditions de température, continue de rester une contrainte technique délicate à maîtriser sur cette motorisation.
Problèmes techniques majeurs et symptômes à surveiller
Défaillance du système AdBlue : Le point faible du 1.7 dCi 150 reste sans conteste la pompe d’urée dont le joint est sujet à usure rapide, causant des fuites et des pannes graves. La cristallisation de l’AdBlue dans les canalisations génère des obstructions, obligeant à démonter et remplacer plusieurs composants, souvent au prix fort.
Injecteurs Common Rail sensibles : Fonctionnant à haute pression, ces injecteurs sont fragiles et sensibles à la qualité du gazole. L’encrassement se traduit par des démarrages difficiles, des claquements métalliques à froid et un ralenti instable. Leur remplacement, s’il devient nécessaire, implique souvent des coûts importants et un codage électronique.
Turbocompresseur et vanne EGR : L’encrassement de la vanne EGR agit négativement sur la performance du turbo, entraînant sifflements, fumées noires ou bleues, perte de puissance, et parfois consommation d’huile excessive. Ces symptômes doivent pousser à une intervention rapide pour éviter une panne plus grave.
Tableau récapitulatif des pannes fréquentes et coûts moyens d’entretien
| Type de réparation | Coût approximatif (€) | Durée d’intervention | Symptômes typiques |
|---|---|---|---|
| Remplacement pompe AdBlue | 1000 – 2500 | 3-5 heures | Voyant AdBlue allumé, message « Remplir AdBlue » |
| Remplacement injecteur (unité) | 150 – 300 | 2-3 heures | Démarrage difficile, bruits métalliques à froid |
| Réparation ou nettoyage turbocompresseur | 800 – 2000 | 4-6 heures | Sifflements, perte de puissance, fumées à l’échappement |
| Nettoyage vanne EGR | 200 – 400 | 2-3 heures | Ralenti instable, à-coups, fumée excessive |
Conseils pratiques pour prolonger la durée de vie du 1.7 dCi 150
Un entretien méthodique est la clé pour limiter les risques de panne sur ce moteur. Il est vivement recommandé de respecter les intervalles de vidange, d’utiliser un gazole de qualité premium et de privilégier les additifs nettoyants pour injecteurs afin de prévenir l’encrassement. Des trajets réguliers sur autoroute permettent au moteur et aux systèmes AdBlue et FAP de se régénérer efficacement, ce qui réduit considérablement la cristallisation et l’encrassement.
- Contrôler régulièrement le niveau d’AdBlue et ne pas remplir à ras bord pour éviter la cristallisation
- Effectuer systématiquement les révisions chez des professionnels agréés pour bénéficier des campagnes correctives
- Privilégier un usage mixte ou autoroutier pour préserver la mécanique et le système de dépollution
- Être attentif aux voyants dissuasifs comme celui d’AdBlue, moteur ou dépollution, et agir rapidement
Modèles équipés et différences de performances entre versions 120 et 150 chevaux
Le moteur 1.7 dCi a été notamment monté sur le Renault Scénic 4, le Kadjar phase 2, la Mégane 4 (sur une période brève), ainsi que sur les Nissan Qashqai et X-Trail restylés. La version 150 chevaux offre un surcroît de puissance adapté aux longs trajets et aux charges importantes, parfois via un système bi-turbo plus complexe, alors que la variante 120 chevaux privilégie un turbo à géométrie variable simple, plus adaptée aux trajets urbains.
La fiabilité du système AdBlue est identique sur les deux versions, et les pannes liées à la pompe d’urée concernent les deux déclinaisons. Toutefois, le surcroit d’exigence mécanique de la version 150 chevaux nécessite un suivi d’entretien plus rigoureux.
Vérifications essentielles avant l’achat d’un véhicule d’occasion équipé du 1.7 dCi 150
Avant de choisir un véhicule équipé de ce moteur, il convient d’être attentif à plusieurs points. La date de fabrication doit préférentiellement être postérieure à septembre 2021, afin de bénéficier du joint renforcé sur la pompe AdBlue. Le dossier d’entretien doit être transparent pour attester des interventions régulières et des campagnes correctives effectuées. Il est indispensable de vérifier l’absence de voyants d’alerte au tableau de bord, en particulier ceux relatifs à l’AdBlue, la vanne EGR ou le système moteur.
Un test moteur à froid est également recommandé afin d’identifier précocement les difficultés de démarrage ou les bruits anormaux, tandis qu’un essai sur route permettra de détecter toute perte de puissance ou comportement erratique. En cas de doute, n’hésitez pas à demander un diagnostic électronique complet.
Liste des points clés à surveiller pour une bonne fiabilité du 1.7 dCi 150 en occasion
- FAP encrassé : régénérations multiples et perte de puissance
- Vanne EGR : à-coups, fumées anormales, mode dégradé
- Système AdBlue : messages et voyants d’alerte, consommation excessive
- Injecteurs : démarrage difficile, ralenti instable, bruits métalliques
- Transmission : embrayage ou boîte présentant des bruits, patinage ou difficultés
- Historique d’entretien : interventions régulières et factures à jour
Pour approfondir votre connaissance de ce moteur et optimiser son entretien, cliquez ici pour accéder à des ressources complémentaires très utiles.
Le moteur 1.7 dCi 150 est-il fiable en usage quotidien ?
Oui, sa fiabilité reste acceptable si le moteur a été régulièrement entretenu et si son usage principal a été des trajets autoroutiers ou mixtes. Un usage urbain intensif augmente les risques d’encrassement et de panne.
Quels sont les principaux problèmes rencontrés sur ce moteur ?
Les pannes les plus fréquentes concernent le système AdBlue, les injecteurs Common Rail, la vanne EGR et le turbocompresseur, souvent liés à un entretien insuffisant ou des usages urbains excessifs.
Quelle est la durée de vie typique de ce moteur ?
Avec un suivi rigoureux, le moteur peut facilement dépasser les 200 000 kilomètres, mais cela dépend grandement de la qualité du carburant et du respect de l’entretien préconisé.
Faut-il privilégier la version 120 ou 150 chevaux ?
La version 150 chevaux est recommandée pour les conducteurs effectuant régulièrement des longs trajets ou transportant des charges, tandis que la 120 chevaux convient mieux aux trajets urbains et périurbains.
Comment éviter les pannes liées à l’AdBlue ?
Il faut toujours utiliser une solution AdBlue certifiée aux normes ISO 22241, surveiller les niveaux, éviter les remplissages complets et effectuer des trajets réguliers permettant la régénération du système.
